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"Unis au nom de l'urgence" par Hérvé Mathurin, journal Sud-Ouest, 3 février 2011

- Journal Sud-Ouest, jeudi 3 février 2011, "Unis au nom de l'urgence" (par Hervé Mathurin)

 

Jeudi 3 février 2011 à 06h00
Par Hervé mathurin

Unis au nom de l'urgence

Le Collectif clarté réunit tous les deux mois les acteurs qui luttent contre la grande pauvreté à Bordeaux. Entrée dans ce cénacle où l'on se montre d'abord pratique.

 Philippe Rix a évoqué le quotidien du centre d'hébergement Tregey.  PHOTO archives philippe taris

Philippe Rix a évoqué le quotidien du centre d'hébergement Tregey. PHOTO archives philippe taris

Quel est donc ce cénacle où se retrouvent deux fois par mois des catholiques et des protestants, des israélites et des musulmans, des médecins et des infirmières, une adjointe municipale de droite et une conseillère régionale de gauche ? C'est le Collectif clarté. Et son ciment, c'est l'urgence sociale.

Ce soir-là dans le local de Médecins du monde à Bacalan, Michel Blanchard réunissait son petit cercle. Ce retraité, aussi discret qu'actif, a consacré toute sa vie professionnelle aux personnes en errance. Il a créé le centre d'accueil, d'information et d'orientation (CAIO), appliqué à Bordeaux le 115 et le Samu social, animé l'observatoire girondin de la précarité avec le Conseil général. C'est encore lui qui a transformé le Collectif clarté en une entité « où chacun dit ce qu'il fait et ce qu'il voit, sans formalisme ». Où un animateur évoluant au ras du bitume est autant écouté qu'un président d'association. C'est toujours Michel Blanchard qui, à titre bénévole, anime tous les deux mois ce « saint des saints » de la grande pauvreté.

La guerre des places

Autour d'une table figurent des personnalités aussi diverses qu'Alexandra Siarri (mairie de Bordeaux), Philippe Rix (Diaconat), Laurent Tomasella (Foyer Leydet), le Dr Gérard Bodin (Samu social), Katia Duclos (Saint-Vincent-de-Paul), Françoise Parrot (Halte 33), Daniel Rose (Service intégré d'action et d'orientation), Monique Lestable (CAIO), sans oublier la puissance invitante : le professeur Henry, de Médecins du monde.

À l'ordre du jour, l'entrée dans le collectif d'une nouvelle association, Terre Promise. Mais surtout un point détaillé de la situation des sans-abri au cœur de l'hiver. Autrement dit, des places disponibles.

Car dans cette petite assemblée, la compassion n'est pas prioritaire. On se montre d'abord pratique. Le foyer Leydet va-t-il être fermé pour travaux ? C'est soixante lits qu'il faudra trouver ailleurs. Déjà se manifestent des inquiétudes. Et si les autorités profitaient de l'ouverture du lycée Tregey, qui propose également soixante places, pour réaliser un tour de passe-passe ? Michel Blanchard évoque carrément la funeste hypothèse. Le nouveau directeur de Leydet, Laurent Tomasella, a proposé de réaliser les travaux l'hiver « pour faire pression » plutôt que l'été. Avec le risque que ces fameuses soixante places disparaissent…

L'exposé le plus attendu est celui de Philippe Rix, qui dirige par délégation le centre d'hébergement de Tregey. Pas davantage de pathos dans son propos. Rix évoque ses vingt salariés, dont un certain nombre de précaires, « des intermittents de l'urgence ». Il répertorie ses pensionnaires, dont deux étudiants « qui ont dû échapper au Conseil régional ». Il parle de « sept à huit réorientations constructives » mais considère que la moitié des hébergés ne trouveront pas de solution de remplacement le 31 mars, date de fermeture supposée du centre. On évoque déjà la possibilité d'une convention repoussant le délai en mai. Tous les intervenants sont convaincus que l'urgence va devenir durable.

La chaise ou le fauteuil

Alexandra Siarri déplore : « Au Conseil régional, on ne parle que des chalets en ce moment mais on n'arrive pas à débattre de l'ensemble des sujets. » Le professeur Henry parle de ses Roms bulgares qui représentent 40 % de l'activité de Médecins du monde. Le docteur Bodin remarque qu'on sous-estime toujours, parmi les sans-abri, les handicapés psychiques : « Il n'y a plus de clochards », répète-t-il. Françoise Parrot détaille les caractéristiques de la Halte de nuit, comme si elle parlait à des béotiens. Mais autour de la table, peut-être certains ne savent-ils pas que des personnes n'ont qu'une chaise à leur disposition pour dormir « ce qui provoque des bagarres avec ceux qui ont un fauteuil ». Tel est bien l'esprit du collectif clarté : vider son sac, trouver des solutions et constater qu'il y a parfois situation plus déplorable que la sienne. « On rame tous dans le même bateau », résume Blanchard. La prochaine réunion aura lieu le 8 mars au même endroit.

Gironde · Bordeaux
sources : http://www.sudouest.fr/2011/02/03/unis-au-nom-de-l-urgence-308502-2780.php

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